BARBARA LEZMY - BLEUS de LAME
Vidéo envoyée par lezmy
" Faire" me suffit pour observer et sentir ce monde qui, sans cesse nous échappe. " (...) D'où cette sorte de seconde faim qui nous
poussait tous à chercher à nous retrouver par le sortilège du miroir." R. Antelme, L'espèce humaine.

Philippe Amirault
http://www.artmajeur.com/philippeamirault

AMIRAULT Philippe: Bleus de Lame
par Gamra Productions Vidéos
Myspace
Philippe Amirault
Gamra Productions
Mister D: Musique originale et réalisation.
Images sources: P.E. Amirault / B. Lezmy
Observatoire : « Voir d’un œil, sentir de l’autre. » (1)
Je m’efforce de naître chaque matin, moi, femme et artiste, dans un feu qui ne cesse de jaillir en moi. Illuminant jusqu’à la zone caverneuse de ma tête, il dore sensiblement mon univers dans l’espace-temps aussi réduit qu’illimité d’un autoportrait. Les lieux de mon microcosme sont chaque fois différents. Colorés, lisses ou ambrés. Mats ou graisseux sous le vernis. En aplat ou lacéré, tout ce qu’il contient n’est que lumière et toute chose, en lui, veut parvenir à la surface. Mais la peau sur le support est pesante. Tatouée, maquillée ou scarifiée, elle contribue à enfoncer lourdement le corps dans l’image.
Existe-t-il une surface plus profonde que celle d’un visage ? Celle du regard qui vous projette hors de soi, hors de cette tête qui ne s’est jamais vue autrement qu’à travers un miroir et faisant face à l’inconnu ? L’épreuve inévitable du vis-à-vis est un arrangement d’images agencées entre elles.
Et mes autoportraits, résultant d’une suite de confrontations successives, dépeignent, dans l’ensemble, des formes isolées de portraits imagés. Ce que nous croyons voir d’un côté s’échappe, de l’autre, chaque fois vers l’intérieur.
[1] Klee Paul, Journal, Les cahiers Rouge, Grasset et Fasquelle, 1959 p. 36
L'Ethnogriffe
"(...) Peintres témoins de leur temps. Rien que cela ?
Etre de son temps n’aboutirait qu’à faire du journalisme en art.
C’est oublier que ce que restitue l’œuvre n’est jamais le présent comme tel, présenté isolé, tous projecteurs braqués sur lui (et qui caractérise la mode) mais, et présenté sous des aspects différents selon époques et civilisations, cette part du présent capable à la fois de faire revivre un passé oublié (le plus souvent lointain) et d’amorcer l’existence d’un futur ressenti comme préférable. (...)"
Pause Céladon 1,2 3
Texte extrait de PEINTURE DE BRUIT PEINTURE DE SILENCE, JEAN LEGROS
PHILIPPE EMMANUEL AMIRAULT: Du Rouge au Tumulte du Silence
Pour voir et écouter: clic sur le lien musique: http://www.virtual-studio.ch/amirault%201.php
Souffrir est peu de chose au regard des sensations que procure l'Attente; une vision, une intuition, un dépassement, une envie de partir contre une force, inexplicable, qui lui résiste. Car, sait-on jamais? Attendre et survivre à l'impatience...Il suffirait d'une apparition, une seule, pour que le monde bascule de la détresse vers l'apaisement.
L'artiste, à l'image du scalpel, est un outil miroitant, dangereux et nécessaire à trancher dans le vif. Si le " vif " est adjectif, il se rattache au genre et au caractère du monde qu'il définit. Lorsqu'il est un " nom ", il s'attaque à la Chair. La raison pour laquelle existe une médecine est identique à celle justifiant l'existence de l'Art: L'imperfection engendre des besoins réclamant une attention et une intervention dont un monde, s'il n'est que le " pire " ou le " meilleur ", n'aurait nul besoin d'attendre. C'est ce qu'il se passe en soi, cet opposé-complémentaire dont nous nous nourrissons chaque jour, qui permet d'enrichir nos attentes, d'espoirs dépassant l'ordinaire de nos vies.
L'Autre est, pour moi, la vie rassemblée en un. Il est une manifestation condensée de la vie que je reconnais en moi. Comment ne pas le désirer et l'aimer? Pourquoi ne pas attendre de l'autre cet amour qui nous révèle en nous plaçant, sur le haut d'un impossible rocher, dans sa lumière?
De quoi pourrions-nous avoir peur? D'avoir à subir l'épreuve d'une Absence? A. Desjardins répondrait: " Vous avez peur de vivre parce que vivre, c'est prendre le risque de souffrir." Et il est vrai qu'attendre, c'est vivre et souffrir un peu. Mais c'est aussi trouver à cette forme de souffrance un sens et une valeur en retournant le monde, milles fois, dans sa tête. La Vie, à l'heure du Rendez-vous, devient, chaque fois, palpitante. Perché sur les hauteurs impatientes d'un corps tendu et ultra réceptif, la vie, dans cet instant de mal d'attendre, est à deux doigts de nous achever.
Pourquoi ne pas envisager un monde, autre, où nous ne vivrions que pour le meilleur? Mais " meilleur " ne voudrait plus rien dire du tout. Sans son contraire, sans opposé, le meilleur serait le pire. Et le pire, n'est-ce pas encore de priver notre corps et notre chair de cette lumière aveuglante qui nous fait croire à l'Amour autant qu'à l'enfer? Et la question ne serait pas d'attendre davantage de l'un ou de l'autre, mais d'y prendre et de voir, en chacun intimement réunis, cette sensation qui nous laisse attentif, et, de toutes les façons, meilleurs aussi.
L'Attente, à l'intérieur de soi, bouscule et chavire. N'est-ce pas cela aussi l'Ivresse de la Vie?
Lili croque et décompose l'idée de portrait en équation;
Sa famille, ses amis, ceux dont elle envisage les labyrinthes intimes sous forme de plans libres et subjectivés.
Par séries de tracés, d'aplats colorés aux allures géométriques, Lili délivre une réécriture des personnalités. De pleins en déliés, tout s'agence spécifiquement suivant l'espace intuitif et sensationnel ressenti par l'artiste.
Un portrait, suivant Lili, s'élabore comme une architecture d'intérieur. Le but serait de capter la complexité et la singularité d'un individu afin de lui bâtir un espace personnel et privé aussi proche que possible de son image la plus dépouillée.
En leurs dédiant ,ainsi, un lieu choisit dans son propre univers, Lili, d'un élan communicationnel, créée des alternatives à la compréhension d'un être. Aucune fenêtre n'est close. Aucune ligne n'est parfaite. Et tout tend à révéler l'humanité de ceux qu'elle dépeint.
Les portraits architecturés de Lili ne préviennent-ils pas, finalement, des maux liés aux apparences en plaçant, à nouveau, chaque sujet au centre de l'objet de ses attentions, c'est à dire, au coeur de lui-même?
La reconnaissance, ici, semble bien secondaire au regard des sens et de la beauté qui s'offrent aux passants. La porte restant ouverte, pourquoi ne pas entrer?
L'mage de l'image de l'image....
" L'amour, c'est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi."
F. Kafka

Barbara Lezmy - http://www.artmajeur.com/barbaralezmy
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