" Faire" me suffit pour observer et sentir ce monde qui, sans cesse nous échappe. " (...) D'où cette sorte de seconde faim qui nous
poussait tous à chercher à nous retrouver par le sortilège du miroir." R. Antelme, L'espèce humaine.

Philippe Amirault
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AMIRAULT Philippe: Bleus de Lame
par Gamra Productions Vidéos
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Philippe Amirault
P.E. AMIRAULT : 2005-2006
Je m’efforce chaque matin de naître » dit le peintre.
Et le feu jaillit sans qu’il puisse s’expliquer de quel feu il brûle. C’est dans la zone bleuté de la flamme, la plus active, que se déplace l’univers d’Amirault.
Ses lieux sont chaque fois différents, mats et charbonneux au contact de l’air, lisses et luisant, presque pâteux sous la lumière. Mais l’univers reste le même. Epais comme des ténèbres cristallisées, magmatique et sous pression. Sa peinture est éruptive.
Quelque chose doit parvenir à la surface.
Mais comment ?
La peau sur les os est lourde.
Les corps se crispent et se contractent. Tout effort est volonté.
Mais le silence, strident, fait voler en éclat d’ultimes velléités pour les dissoudre dans les rais d’une lueur lacérée.
Et c’est là que la matière en fusion se solidifie pour former, en surface, un être stigmatisé par la vie.
Beauté, cruauté…Tout n’est que Manque de Temps.
La lumière qui nous façonne nous rend plus vulnérables chaque jour.
Et rien ne semble plus douloureux que d’avoir éprouver, parfois, le désir de son ombre.
Le passant
Fragment
Femme au bouquet
Pudeur
Le balancement soudain immobile du corps: une empreinte. L'élan fragile d'une encre jetée comme une ancre au fond du vide: l'espoir. Le geste, ce qu'il en reste, défie la lumière sous un manteau de stries et les ténèbres, en ombres presque joyeuses, affrontent en raies parsemées tout espace immaculé. Le mouvement figé dans l'oeil révèle un objectif: Vivre.
L'encre influe à la masse puissante de la matière un air de rien. L'eau renforce le roseau souple dont un copeau résiste sensiblement sous les doigts qui subissent son emprise; le Vide donnent à l'informe la forme pleine d'un corps dansant avec le Temps. Et plus rien ne coule ni ne déborde si ce n'est ce Temps, justement, qui en lui-même se fige... infiniment.
" L'amour, c'est que tu sois pour moi le couteau avec lequel je fouille en moi."
F. Kafka

Barbara Lezmy - http://www.artmajeur.com/barbaralezmy
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