Poésie naïve sur la nature "empreintée" de l'Invisible
" Le sommeil est la halle aux souvenirs. Il favorise leur retour." Jules Renard, Journal.
Je vais t'aider, si tu le veux, à trouver une raison insensée à ton existence. Je ferai surgir de ta matière un double comme toi-même; plus qu'une éternité, un autre monde qui ne soit ni celui de la Vie ni celui de la Mort.
Juste une impression...Un sentiment étrange qui, en soi, ne trouve jamais sa place.
"Il n'est point de secret que le temps ne révèle."
Je te prépare au voyage. Fébrile, j'enduis ce que l'on croit être un linceul. J'ai un peu peur parce que...
" Nous courons sans soucis dans le précipice, après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de voir." Pascal, Pensées.
Pourtant, rien n'altère le désir éperdu de vivre dont nous nous nourrissons chaque jour durant. Pudique, je te voile mais tu résistes de l'intérieur.
" Ne dîtes pas mourir, dîtes naître." V. Hugo
Tu te laisses paraître à la dérive, essuyant les plâtres d'une attente douloureuse, sous l'enduit mat de ce temps qui ressert nos coeurs, tu restes soumise à une absurde langueur.
" La peur est la plus terrible des passions parce qu'elle fait ses premiers effets contre la raison; elle paralyse le coeur et l'esprit." Rivarol
Faire confiance au silence qui déjà murmure une promesse; plus qu'un serment, une réviviscence.
" Ce qui est vrai à la lampe n'est pas toujours vrai au soleil." J. Joubert, Pensées.
Rien ne pourra effacer d'une authentique apparence, l'empreinte sensuelle d'une douce épiderme, la trace de toi, comme une icône originelle, suaire solide d'une esquisse métaphysique comme une image bi-face à nouveau offerte. Un don quasi mystique. Une signature intemporelle.
" Garde-toi, tant que tu vivras, de juger les gens sur la mine." J. de La Fontaine.
Je t'ai rassemblé, recollé chaque morceau. Bravant, à discrétion, chacun de tes maux, volant ouvertement ce que tu gardais au fond. Désormais creuse et légère, pleine et fragile à la fois, je ne sais plus qui tu es. Je ne te reconnaîs plus. Tu sembles...et tu n'es pas.
Pigments safranés contre les humeurs. Quelques coulées d'eau et de roches trois fois teintées, trois fois juxtaposées pour que puisse te sembler moins lourd ce temps de grand chamboulement. Un putsch organisé contre tes pouvoirs organiques. Et te voici intensément puissante.
" Tout vient à point à qui sait attendre". Clément Marot
J'entends respirer, pleurer un peu . Je devine, aveugle que tu es, là... le silence qui te fige. Et j'ai peur avec toi.
" Naître, c'est seulement commencer à mourir. " T. Gauthier.
Mais " A l'impossible nul n'est tenu. "
Merci à Philippe Amirault et Valérie Isabelle Pierre qui m'ont servi de joyeux modèles.
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