Observatoire : « Voir d’un œil, sentir de l’autre. » (1)
Je m’efforce de naître chaque matin, moi, femme et artiste, dans un feu qui ne cesse de jaillir en moi. Illuminant jusqu’à la zone caverneuse de ma tête, il dore sensiblement mon univers dans l’espace-temps aussi réduit qu’illimité d’un autoportrait. Les lieux de mon microcosme sont chaque fois différents. Colorés, lisses ou ambrés. Mats ou graisseux sous le vernis. En aplat ou lacéré, tout ce qu’il contient n’est que lumière et toute chose, en lui, veut parvenir à la surface. Mais la peau sur le support est pesante. Tatouée, maquillée ou scarifiée, elle contribue à enfoncer lourdement le corps dans l’image.
Existe-t-il une surface plus profonde que celle d’un visage ? Celle du regard qui vous projette hors de soi, hors de cette tête qui ne s’est jamais vue autrement qu’à travers un miroir et faisant face à l’inconnu ? L’épreuve inévitable du vis-à-vis est un arrangement d’images agencées entre elles.
Et mes autoportraits, résultant d’une suite de confrontations successives, dépeignent, dans l’ensemble, des formes isolées de portraits imagés. Ce que nous croyons voir d’un côté s’échappe, de l’autre, chaque fois vers l’intérieur.
[1] Klee Paul, Journal, Les cahiers Rouge, Grasset et Fasquelle, 1959 p. 36




Pause Céladon 1,2 3







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